Partager l'article ! L'éleveur, le loup, et le patou: ll n'est pas venu seul. Hier, au tribunal de police, ses amis et les sympathisants de la cause des éleveurs ...
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« Revoir la convention de Berne »
« Nous dénonçons le déséquilibre créé par la présence protégée du loup » explique Hubert Covarel, président du Syndicat départemental ovin. « Les patous sont la seule parade » estime le
responsable, qui rappelle que la sécurisation des troupeaux a été imposée aux éleveurs par l'État. « Nous demandons que l'État prenne conscience de son incohérence, et revienne en arrière sur la
question du loup en tant qu'espèce protégée ». Car le débat est bel et bien lancé. « Si l'on veut que l'on se sépare des chiens de protection, alors il faut enlever le loup aussi ! » estime
Hubert Covarel. Jean-Marc Guigue, président de la FDSEA, va même plus loin : « On me reproche d'être trop radical. Mais je dis qu'il faut taper haut, et que la convention de Berne doit être revue
! ».
Applaudissements dans l'assistance : tous entourent Luc Étellin, soutien moral bienvenu pour celui qui a vu la moitié de son troupeau décimé cet été...
L'État mis en cause
L'audience va commencer : quelques militants choisissent d'y assister, les autres attendent dehors. Mais alors que la porte se ferme, des sympathisants tentent un "coup" : ils avancent un
cercueil de bois noir, dans lequel repose le corps du patou de Luc Étellin. Une surprise qui n'est pas du goût du tribunal : le cercueil restera dehors.
À l'audience, l'éleveur et son avocat sont rejoints par la plaignante, Mme Guillot, qui réside à Aiton. Elle avait contacté la gendarmerie en avril dernier. En sortant dans sa cour, elle s'était
trouvée « nez à nez avec ces chiens » explique-t-elle. Une belle frayeur qui n'aurait pas eu de conséquence, si Mme Guillot n'exerçait pas la profession d'assistante-maternelle. « Les chiens sont
revenus, et j'avais des petits que j'emmenais à l'école ». Évoquant les responsabilités liées à son emploi, la plaignante a voulu « attirer l'attention sur les difficultés liées à ces chiens » et
à leur présence, même éphémère, dans les communes. Un argument que personne n'a contesté, la plaidoirie de Me Bern (avocat de Luc Étellin) se concentrant sur l'obligation faite aux éleveurs de
protéger leurs troupeaux. Luc Étellin morcellant son cheptel en plusieurs sites, les patous passent de l'un à l'autre. Et traversent des routes communales...
Le Ministère public en est conscient. Il n'a pas demandé d'amende et a proposé « une dispense de peine ». Me Bern, lui, a demandé la relaxe pour son client. Le jugement a été mis en délibéré au 4
octobre.
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