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Loup

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Retrouvez le blog de l'association Le Klan du Loup ici : www.loup.eu

Régulation du loup : le début de la fin ?

Nouvelle provocation ou premiers signes d’une capitulation de l’Etat ? Les chasseurs de Haute-Savoie demandent un plan de chasse pour le loup. L’animal bénéficie du statut d’espèce protégée et ses effectifs n’ont pas atteint le seuil qui permettrait de le tirer d’affaire. Comme d’habitude, les chasseurs veulent ajouter une espèce à leur (longue) liste d’animaux-gibiers sans se préoccuper de cette biodiversité si fragile que nous devons protéger. L’exception française sans doute...

La biodiversité "à visage humain" a décidément de nombreux partisans. Dans un article du Dauphiné, la fédération des chasseurs de Haute-Savoie réclame à terme, et entre autres, un plan de chasse loup. Le loup abattu par un chasseur au Petit-Bornand a bien évidemment été l’élément catalyseur. Malgré la faiblesse des effectifs du loup en France, les chasseurs demandent à être associés aux tirs de défense et d’effarouchement et une décentralisation au préfet des autorisations de tir. Leur principal argument est de pouvoir ainsi désamorcer le conflit qui opposent le loup (et ses défenseurs) aux éleveurs (mieux vaut tirer quelques loups de temps en temps que de laisser faire les braconniers...). Les tirs en hiver sont également réclamés. Au début du mois de mars, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie avait pourtant refusé d’accéder à cette demande. Les chasseurs évoquent également un nombre de loups élevé - et non vérifié - et la possibilité que les animaux dévorent entre 450 et 700 chamois par an. Après ce carnage, les loups s’en prendraient bien évidemment aux troupeaux. On a peine à croire qu’un tel tissu d’inepties puissent être proférées. Néanmoins, et suite aux innombrables cadeaux faits par le gouvernement aux chasseurs, les associations de protection de la nature devraient rester vigilantes sur le dossier.

En l’état actuel de la population de loups et de la protection juridique dont jouit canis lupus, il ne saurait être question d’envisager de réguler les loups et d’autoriser des plans de chasse. De même que les tirs d’effarouchement et de défense sont soumis à un protocole précis, il serait dangereux de confier de plus larges pouvoirs au préfet. Par ailleurs, et malgré la bonne volonté de la plupart, certains éleveurs rechignent toujours à mettre en place la batterie de moyens de protection pour les troupeaux. Elus locaux, chasseurs et éleveurs aiment également à distiller les discours alarmistes et trompeurs sur le loup auprès des populations locales. De gros efforts restent à fournir pour informer la population sur la biologie et le comportement du loup. Et une certaine presse locale est particulièrement responsable de la mauvaise image véhiculée par les anti-loups, ce qui n’arrange rien.

Petit rappel : le projet de nouveau protocole (plan loup 2008-2012) prévoit de renforcer les pouvoirs du préfet, sur qui repose une série de décisions et de possibilités d’interprétations en matière de tirs de défense comme de tirs de prélèvements. Le préfet pourrait également décider des armes utilisables pour les tirs de défense, alors que ce choix relevait jusqu’à présent du niveau national. De même que lors de la réunion de janvier 2009, la Fédération Nationale des Chasseurs a rappelé l’incompatibilité entre prédateurs et élevage en l’absence de régulation et la demande de la mise en œuvre d’un quota par massif...

AVES FRANCE réitérera aussi souvent que cela sera nécessaire, auprès des autorités compétentes, son opposition à une régulation du loup. Nous nous étions prononcés contre les tirs de défense accordés aux éleveurs, craignant que cela ne prépare la voie à une régulation du loup. La pression se fait sentir depuis un bon moment déjà, ces tirs de défense ne satisfaisant pas les éleveurs. Malgré que les pertes dues au loup ne représentent qu’une petite partie en comparaison des attaques de chiens errants, des dérochements dus aux orages et surtout au regard de la crise de la filière ovine, chasseurs et éleveurs sont prompts à demander une limitation des populations de loups, espérant ainsi garder la montagne sous contrôle. A quand des parcs de vision où loups (stérilisés et tatoués) et touristes pourront déambuler, sans gêner ainsi les troupeaux et les chasseurs ?

Merci à l'association AVES France qui nous a autorisé à diffuser son article.

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