Patrice Raydelet, écrivain, naturaliste, est le fondateur du Pôle Grands Prédateurs
du Jura (PGPJ), qui milite pour accompagner le retour des grands prédateurs dans le Massif Jurassien.
> Un loup a été retrouvé mort près de Gex vendredi dernier. Êtes-vous surpris par une telle découverte ? Patrice Raydelet : Pas du tout. C'est dans la logique même de la stratégie de
dispersion de l'espèce. Le front de colonisation se situe actuellement en Haute-Savoie. Des individus solitaires, désireux de quitter la meute pour coloniser un nouveau territoire, peuvent
parcourir plusieurs centaines de kilomètres.
> Le loup est-il déjà arrivé dans le Jura ?
P.R. : Officiellement non. Le plus dur aujourd'hui est de prouver sa présence. Pour en être sûr, il faudrait trouver un cadavre, avoir une observation d'expert ou trouver des poils ou des
déjections. Malgré le réseau d'observateurs que nous possédons dans le Jura (PGPJ, Naturaliste, ONCFS) et le maillage assez fin que cela représente, nous n'avons aucune preuve tangible. Hormis
les présomptions de Grande Rivière et Larrivoire en 2007, nous n'avons rien. Lundi dernier, un observateur a relevé des traces de grand canidé dans la région des Lacs. Je me suis rendu sur place
mais rien ne peut attester la thèse du loup.
> Que répondez-vous à ceux qui craignent le retour du loup dans le département ?
P.R. : Qu'il n'y a pas à s'inquiéter. Le loup est de retour en France depuis 1992 et aucune attaque sur l'homme n'a été relevée en 17 ans. Jamais ! Pour l'heure, le département n'est pas un
secteur colonisé. En revanche, le Jura peut voir apparaître un loup à tout moment. En tout cas, je m'y attends.
Par Le progres
-
Publié dans : Loup textes
2
Commentaires