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Loup

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Blog de l'association Le Klan du Loup. Pour la défense et la protection du Loup en France, rejoignez-nous !

Des bébés loups en Suisse ?

Les naissances se multiplient aux frontières de la Suisse. Et l’annonce d’un heureux événement dans nos forêts semble imminente. Reste à savoir où naîtront nos premières boules de poils ?


Cela se passe juste de l’autre côté du lac Léman. A distance à peu près égale des frontières genevoise et valaisanne. De petites boules de poils d’un genre bien particulier pointent régulièrement le bout de leur truffe. En 2008, des bébés loups venaient au monde dans la région du Petit-Bornand-les-Glières, en France voisine. Et de nouvelles naissances étaient prévues, au même endroit en 2009, avant qu’un garde-chasse ne tire une louve portant six fœtus.


Cela se passe habituellement à la fin mai, comme c’est encore le cas, cette année dans le parc du Mercantour , où «la surveillance satellite a montré qu’une louve s’était mise en tanière à la fin mai», rapporte le biologiste Jean-Marc Landry.


Ces naissances de petits loups à cinquante kilomètres de Genève, doublées des preuves de reproduction découvertes dans le parc du Gran Paradiso, près d’Aoste, en Italie, annoncent l’imminence d’un événement inédit depuis le XIXe siècle: les jappements du premier bébé loup «helvète».

 

«Si quelque chose se passe en Suisse, c’est maintenant», approuve Jean-Marc Landry. L’annonce est en effet attendue par les observateurs depuis 2002. Elle constituera la phase finale du retour naturel du grand prédateur dans nos contrées. Un mouvement qui s’effectue en trois temps. D’abord, ce sont les jeunes mâles (d’origine italienne) qui sont revenus, via la France, à la recherche d’un territoire pour s’établir. Depuis 1995, ils arrivent sous nos latitudes, et ils sont, à ce stade, un peu plus de vingt à avoir franchi la frontière suisse.

La deuxième phase a débuté en 2002, avec le débarquement dans nos contrées de la première louve, qui a franchi la frontière valaisanne au Simplon, et qui est restée trois ans dans la région. Depuis lors, les analyses ADN effectuées par Luca Fumagalli, au Laboratoire de biologie de la conservation de l’UNIL, ont permis de prouver les arrivées de cinq femelles différentes. Quatre ont tenté leur chance en Valais, et la dernière se promène dans les cantons de Fribourg et de Berne.


La formation d’un couple, la fameuse meute, constituera la phase ultime du processus, avec la naissance de petits. Logiquement, cette première aurait dû intervenir en Valais. «Il y a eu plusieurs rumeurs dans cette région, mais jamais de confirmation», note le biologiste Jean-Marc Weber, responsable du suivi des grands prédateurs en Suisse.


Le Valais ayant fait fuir toutes les louves arrivées sur son territoire, les regards se tournent désormais vers les cantons de Fribourg, de Berne, et, dans une moindre mesure de Vaud, où pourrait s’être formé un couple. «La présence d’une louve dans la partie alémanique du canton de Fribourg est assurée, et il est encore établi qu’un mâle a également visité la région», détaille le préfet Maurice Ropraz, qui préside le groupe fribourgeois de coordination loup dans le canton. Pourtant, le doute subsiste à propos de ce «couple» très observé.

«Durant l’hiver, la louve fribourgeoise a apparemment été négligée par le mâle, qui a passé l’essentiel de son temps en Valais, poursuit Jean-Marc Weber. Mais l’animal bouge beaucoup, et il se déplace sur un territoire qui va des bords du lac de Thoune à Derborence. Il a donc pu la croiser.»


S’il ne faut pas compter sur les petits pour annoncer leur arrivée (ils ne sortiront pas de la tanière avant plusieurs semaines), le mâle pourrait involontairement trahir leur présence. Car il se doit d’être là, en cas de naissances. «Pendant que la mère allaite, le loup chasse et ramène de la nourriture qu’il régurgite pour la femelle et, par la suite, pour les petits», explique Jean-Marc Landry. C’est dire si les analyses ADN, effectuées après des attaques de troupeaux dans la région du lac Noir, sont attendues. La présence d’un mâle (celui qui a été repéré ou un autre), aurait le poids d’un avis de naissance, ces jours-ci à Fribourg.

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